III. La maison dite "à Pallaro" ou "à Ducasse" : un joyau historique de Préchac-sur-Adour

Avec ses seize ouvertures, cette imposante demeure est l’une des constructions les plus remarquables de Préchac-sur-Adour.

La demeure la plus imposante du village

Une demeure édifiée sous le Consulat

Avec sa façade harmonieuse et ses seize ouvertures, la Maison dite "à Pallaro" illustre l'essor des grandes demeures bourgeoises qui marquent le paysage de Préchac-sur-Adour au début du XIXᵉ siècle. C'est la plus imposante construction du village par le nombre de ses ouvertures. Édifiée sous le Consulat, elle fut agrandie par Jean-Marie Dupleix Pallaro, maire de Préchac de 1831 à 1836. Les deux campagnes de construction sont attestées par les dates gravées sur les lucarnes-frontons de la façade sud.

Une architecture monumentale et raffinée

La Maison "Pallaro" se distingue par ses seize ouvertures réparties sur une façade d'une grande régularité. Le bâtiment présente un élégant équilibre entre sobriété et raffinement. Les lucarnes-frontons rythment la toiture tandis que les encadrements de pierre mettent en valeur les baies de la façade. L'ensemble témoigne de l'ambition architecturale des propriétaires successifs et de leur volonté d'affirmer leur réussite sociale.

À observer

Lors de votre visite, prenez le temps d'admirer :

  • les seize ouvertures de la façade principale ;
  • les deux lucarnes-frontons ;
  • les dates gravées qui témoignent des deux campagnes de travaux ;
  • les proportions particulièrement imposantes de la maison.

Le saviez-vous ?

Dans les années 1930, la demeure accueille l’Entreprise des Salaisons de Gascogne. Depuis cette époque, plusieurs habitants du village la connaissent encore sous le nom de « l’usine ».

Les Amis de l'Église de Préchac-sur-Adour

La maison Pallaro, au cœur de la vie économique locale

Historique contemporain du lieu dit "l'Usine"

La Maison Pallaro appartenait au début du XX° siècle à la famille Ducasse, négociant en vin et armagnac. Cet établissement alimentait 3 régiments de cavalerie stationnés à Tarbes. La création de la voie ferrée Morcenx/Tarbes en 1853 facilitant les livraisons. Après la fin de la première guerre mondiale en novembre 1918, l’armée française exsangue et défigurée, ne s'approvisionne plus en alcool, l’établissement de Préchac à périclité et à fermé lentement.

Un industriel italien qui avait quitté l’Italie, suite à la crise financière et industrielle des années dites “ rouges” en 19 et 20, s’etait installé  en 1922 à Saint Maurice sur Adour (40), en face de Grenade sur Adour. Cherchant un local important situé au bord de l’eau, il s’en porte acquéreur en 1928. La famille de Giovanni DONDI, né en 1889 à Balsamo, (quartier de Milan) est composé de sa femme Anna, DONDI -BOZZANI née en 1888 à Bozzio (Italie) ,de Henri né en 1914 à Berani (Italie), de Giovanni, Jean né le 29/08/1924 à Milan et de Mario né le 17/04/1927 à Saint Maurice sur Adour (40).

Après des travaux d’aménagement, il commence une production de charcuterie italienne ( pâtés, saucissons, rosettes, jésus ,coppas, jambons secs), qu’il vendait dans les épiceries, restaurants et hôtels de la région, surtout sur Lourdes où une importante colonie de pèlerins italiens venaient. La Société exploitante portera le nom des “ SALAISONS DE GASCOGNE “. Au début des années 30, elle employait une quinzaine d’ouvriers, beaucoup d’origine italienne. Quelques noms me reviennent à l’esprit Bobbio, Aviani, Sarracani, Bonomelli. Après la fin de la guerre, l’usine a continué à produire, le pays ayant du mal à se relever. Il faudra attendre, la période que l’on a appelé “ les trente glorieuses”, pour que la production prenne son plein essor. DONDI, entre temps s’était porté acquéreur du moulin de Préchac ( moulin Decuron sur les plans napoléoniens de 1825), installe une turbine horizontale de type Pelton, et produit l’électricité qui assure l’autonomie de toute l’usine en 1950. En 1958, l’usine signe un contrat avec le Ministère de la Guerre ( dénommé ainsi alors), pour la fabrication et la production du “corneed beef” , vulgairement appelé le singe, que l’on trouvera dans les rations militaires. La guerre d’Algérie s’intensifie, la production de l’usine est multipliée par cinq. En 1960 plus de 70 employés sont embauchés. L’usine travaille pratiquement en continu.

Les livraisons sont assurées avec un camion âgé de marque Latil, jusqu'au port catalan de Port-Vendres (66), où trois bateaux assuraient les liaisons maritimes sur Alger et Oran : le Président-de-Cazalet, le Ville d’Alger et le El Mensour. Parfois, le voyage durait plusieurs jours victime de pannes répétitives. Détail cocasse, au retour  par la nationale 113 dans le lauragais quand la tramontane soufflait, le camion pas assez puissant était obligé de s’arrêter ne pouvant plus avancer. La production à continué jusqu' en 1994  ,le 14 juillet un incendie a ravagé l’établissement. Il restait alors 8 employés.

Sources : Cette section a été rédigée à partir des souvenirs de Michel Lahens et des récits transmis par son père, Joseph Lahens. Celui-ci travailla à l’usine de Préchac-sur-Adour de son arrivée dans le village, en 1949, jusqu’en 1965. Avec René Lecerf, surnommé « La Biche », il conduisait le camion de l’entreprise jusqu’à Port-Vendres deux à trois fois par semaine, y compris certains dimanches.